La nouvelle version de l’ISO 22000, management de la sécurité des denrées alimentaires, vient d’être publiée. Il s’agit de  l’aboutissement des travaux d’un groupe de travail international composé de 30 experts qui s’est chargé de cette révision depuis novembre 2014, sous la supervision de l’organisme danois de normalisation.

La norme connait ainsi, sa première révision depuis son adoption en 2005.

En 2016, l’ISO 22000 était adoptée par 32 139 entreprises ou organisations siégeant pour  la plupart en Asie. L’Europe compte 34.5% d’entreprises certifiées contre seulement 1.8% pour l’Amérique Centrale et du Sud et, 0.9% pour l’Amérique du Nord.

En effet, la norme ISO 22000 est concurrencée par des référentiels privés mis au point par la grande distribution comme le British Retail Consortium, BRC ou l’International Featured Standards, IFS.

Le BRC et l’IFS servent de référentiels dans les grandes enseignes qui font appel à des industriels pour produire sous marque de distribution. Leur champ est plus large que celui de l’ISO 22000 qui ne se focalise que sur la sécurité du produit. En effet, ces référentiels intègrent toutes sortes de risques dus à l’environnement de la production, tels que les risques de sabotage, de terrorisme sur les produits alimentaires, de fraude sur la composition des produits ou des ingrédients. La qualité des emballages surtout plastiques,  est aussi prise en compte par ces référentiels.

D’où le développement d’une certification parallèle privée dite Food Safety System, FSSC 22000, octroyée à environ 16 000 organismes à travers le monde et qui pousse plus loin les exigences de la norme sur des thématiques émergentes de la sécurité des denrées alimentaires.

Rappelons nous les scandales qui mettent de temps en temps la sécurité alimentaire au cœur de l’actualité, le dernier en date étant celui de la contamination des œufs à l’insecticide Fipronil qui a touché plusieurs pays européens en Août 2017.

Aussi la version 2018 de la norme ISO 22000 vise t’elle à intégrer toutes ces problématiques en adoptant la structure de management de niveau supérieur qui constitue le corps commun des normes de management de la qualité ISO 9001 et de l’environnement ISO14001 ainsi que celle de la sécurité et santé au travail ISO 45001, récemment publiée.

Les organisations certifiées ISO 22000, vont désormais, s’intéresser aux relations entre la production, la maintenance et la logistique, les achats et l’administration des ventes, le service commercial et la planification de la production.

Autre changement important, est l’intégration des notions de risque et d’opportunités et la nécessité de prendre en compte les besoins et attentes des parties intéressées : clients, fournisseurs, intermédiaires de service,  y compris les services officiels de contrôle et les médias.

Concernant la gestion de la qualité la norme apporte des éclaircissements quant à la manière d’appliquer la roue de Deming : Planifier-Réaliser-Vérifier-Agir (Plan-Do-Check-Action) en articulant deux cycles distincts, le premier s’appliquant au système de management, le second au principe HACCP (Hazard Analysis and Critical Control Point) qui est à la base de la sécurité sanitaires des denrées alimentaires.

Enfin, la nouvelle version apporte plus de précisions techniques relatives au processus opérationnel, notamment les Programmes Pré-requis et les points critiques de contrôle des produits.

Avec ce lifting de l’ISO 22000, les entreprises de l’Agro-alimentaire seront mieux outillées pour faire face à toutes sortes de risque et éviter la multiplication des certifications.

En Tunisie nous comptons 182 entreprises certifiées ISO 22000, en 2016. Il s’agit d’un chiffre important comparé aux autres pays notamment européens : 181 en Belgique, 234 au Portugal, 184 en Serbie, 155 en Slovaquie. Tout le continent africain compte 1059 entreprises certifiées ISO 22000 et seule l’Afrique du Sud nous devance avec 209 entreprises certifiées.

Ces entreprises ont trois ans pour se conformer à la nouvelle norme. Maintenant que la norme intègre la gestion des risques,  il faudra que les entreprises exportatrices tunisiennes s’impliquent davantage dans l’analyse des divers contaminants possibles des denrées alimentaires et des emballages et exploiter à bon escient,  le potentiel analytique coûteux et up to date des laboratoires étatiques accrédités dans leurs domaines de compétences.

24 JUIN 2018

Sources : www.iso.org,  Enjeux Mai 2018 , www.leconomistemaghrebin.com

Management de la sécurité des denrées alimentaires : vers un référentiel unique

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