La ville de Hammamet a abrité du 14 au 16 Novembre 2017, le symposium mondial de l’Union Internationale des Télécommunication, IUT sur les indicateurs de développement des technologies de l’information et de la communication pour l’année 2017, sur invitation du Ministère des Télécommunications.

Pour mesurer l’impact des technologies de l’information et de la communication (TIC ou ICT), sur le développement de la société de l’information l’IUT utilise l’indice de développement IDI.  Cet indice prend en considération trois stades dans l’évolution de la société de l’information : L’accès aux infrastructures, l’intensité d’utilisation des technologies et les compétences dans ce domaine.

Selon leur IDI, les pays sont classés en quatre groupes : Elevé, moyen supérieur, moyen inférieur et bas.

La Tunisie est classée parmi le troisième groupe, moyen inférieur, avec un IDI de 4.82, ce qui correspond au rang 99 sur 176 pays membres de l’IUT, perdant ainsi 4 places par rapport à l’année précédente.

En effet, en 2016 la Tunisie était 95ième avec un IDI de 4.70.

Si la Tunisie a amélioré en 2017 l’accès et l’utilisation des TIC, les compétences n’ont pas suivi. Ce qui explique que cette légère amélioration de l’IDI par rapport à l’année dernière, n’a pas été suffisante pour garder son classement international.

Le rapport présenté au symposium de Hammamet montre que les pays les mieux classés ne sont pas forcément les plus puissants économiquement. Ainsi l’Islande occupe la première place avec un indice de 8.98 devant la République de Corée. D’autres pays comme l’Irlande et les pays baltes figurent dans le premier groupe avec des indices supérieurs à 7.

Dans ce rapport, les pays arabes sont traités comme une entité économique et profitent d’une analyse distincte. La Tunisie se situe dans la moyenne, à la 9ième place,  devant les pays du Maghreb mais loin derrière les pays du Golfe, le Liban et la Jordanie.

Bien que la région arabe dispose d’un énorme potentiel pour bénéficier de l’économie digitale étant donné le pourcentage élevé de jeunes parmi la population qui utilisent les médias sociaux et qui  sont réceptifs aux progrès technologiques, la région doit toutefois relever plusieurs défis.

L’émergence de la culture digitale des entrepreneurs y est très lente, le monde des affaires est plutôt arriéré en matière de digitalisation et les initiatives gouvernementales sont très limitées. De plus la zone attire peu de capitaux dans ce domaine, seulement 1 % des 1000 premières entreprises en TIC, sont localisées dans la région d’après le Mc Kinsey Global Institute.

D’autres défaillances sont citées au niveau de  la disponibilité et de la qualité des infrastructures, de la faible utilisation de ressources basées sur le cloud en comparaison avec les autres régions du monde.

Et de conclure que tout ceci appelle des efforts concertés pour mettre en place des initiatives au niveau du gouvernement, du monde des affaires, dans le secteur de l’éducation , afin de permettre aux utilisateurs de tirer un meilleur avantage des opportunités digitales, notamment par le développement des compétences, de la normalisation et de la qualité des services sur le web.

Justement, en matière de normes et de documents techniques, l’IUT dispose d’environ 4000 recommandations techniques relatives à une large gamme de technologies allant des  modems aux systèmes de transmission 5G. La Tunisie y est représentée par le Ministère des Télécommunications dont les services ont accès à ces documents. Mais est-ce que ces documents sont diffusés aux divers opérateurs économiques ? Font –ils l’objet d’ateliers de formation ?

D’un autre côté, l’Accord avec l’Europe permet d’accéder aux normes européennes de télécommunications, guides et rapports techniques édités par l’ETSI, Institut Européen des Normes de Télécommunication. Ce dernier publie entre 2000 et 2500 normes par an qui ne sont pas exploitées faute d’information, de programmes ciblés, de coordination et de manque de compétences.

Parce que la révolution digitale en cours est transversale, et qu’elle impacte tous les secteurs économiques et fait émerger de nouveaux secteurs innovants, l’implication de tous les acteurs et notamment l’administration, est plus que nécessaire pour s’y préparer.

Mettre en place un Comité Stratégique de Normalisation des TIC qui fixe les priorités en matière de digitalisation et initie le programme annuel de normalisation est plus qu’urgent.

Une telle organisation permettra de développer rapidement des normes nationales harmonisées avec la documentation technique internationale et européenne  à un coût raisonnable, de former les compétences techniques qui font défaut aux entreprises et d’ouvrir le chemin vers  des programmes de mise à niveau du tissu industriel et des services pour démystifier la digitalisation et ne pas rater le train de l’industrie 4.0

 

22 Novembre 2017

Indice 2017 de développement des TIC : la Tunisie recule de 4 points

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