Il s’agit bien entendu du train de la technologie que les pays en développement ou en transition, prennent en adhérant à l’ISO par le biais de leurs instituts de normalisation.

Ces pays avaient le droit de recevoir une copie de toute norme éditée dans n’importe quelle discipline, sans avoir à participer aux travaux des comités techniques souvent, faute de moyens et d’experts.

Sans compter les échanges de normes étrangères objet d’accords bilatéraux.

Cette richesse a permis à beaucoup de pays de mettre en place des structures de normalisation modernes et de suivre le progrès technologique en mobilisant un réseau d’experts nationaux.

L’Etat trouve dans ce système matière pour la réglementation relative à la santé et la sécurité des citoyens, ensuite pour protéger l’environnement, mais également un gisement pour la spécification technique des produits pour promouvoir la concurrence et la qualité.

L’université a trouvé aussi dans ce système, une documentation technique riche et up do date pour alimenter les stages de fin d’études et différentes recherches de ses ingénieurs et scientifiques.

Mais avec la globalisation des échanges, la multiplication des comités techniques de l’ISO, plus de 200 comités se réunissent à travers le monde mobilisant des milliers d’experts, le raccourcissement de la durée de vie de la norme vu la vitesse à laquelle évoluent les technologies, en particulier numériques, l’ISO a introduit la digitalisation de son processus et a supprimé le papier dès le début du 21ième siècle.

Depuis, les instituts de normalisation membres, ont droit à une seule copie électronique de la norme à condition qu’elle figure dans leur programme annuel de normalisation. En d’autres thermes, pour rester à jour, du moins dans les domaines stratégiques d’un pays,  il faut que les comités de normalisation nationaux évoluent au même rythme que les comités internationaux de l’ISO mais aussi du CEI (Comité Electrotechnique International)  de l’UIT (Union Internationale des Télécoms) et du Codex Alimentarus pour les produits alimentaires.

Une telle organisation nous a fait défaut malgré les efforts de modernisation du processus de normalisation pour suivre ISONET, notamment l’adoption de l’indexation internationale d’évolution du processus, la numérisation des normes, le catalogue et vente en ligne.

En effet, la demande en normes des établissements publics et administrations techniques a beaucoup faibli, on a préféré  à ce processus ouvert et neutre, la rédaction de cahiers des charges, chaque administration dans son coin, sans coordination, sans feed back et surtout sans l’apport d’experts reconnus. Quand de temps en temps, il y a un scandale, on se rabat alors sur la normalisation mais jamais avec un mécanisme clair de démonstration de la conformité … le temps de noyer le poisson !

Le résultat direct est la non disponibilité des normes internationales récentes car non demandées par les différentes administrations et groupements professionnels, il faut donc les acheter en devise, bien souvent dix fois leur prix si elles avaient été éditées par l’INNORPI.

Les étudiants et chercheurs n’ont plus accès à ces documents techniques avec ce qu’il en résulte de manque de savoir faire pratique.

De façon plus générale,  on constate un manque de confiance dans l’Etat et dans le monde des affaires.  Les marchés publics, qui génèrent la moitié des ressources sont mis à l’index,  et partout il y a une baisse de la technicité, de la rigueur et de la recherche de la qualité.

Alors que faut – il faire pour ne pas rester sur le quai et voir avec regret, passer le TGV des technologies sans pouvoir y monter ?

Il faudra d’abord admettre que la normalisation est une activité horizontale qui touche tous les opérateurs économiques : industriels, commerçants,  prestataires de services, grands donneurs d’ordre  publics, services de contrôle économique  et sanitaire, douane, agences techniques, écoles techniques et université. Son pilotage nécessite;

  1. La création d’Un Conseil National de la Normalisation qui approuve le programme annuel, affecte les ressources et évalue la réalisation des tâches.
  2. La mise en place de Comités Stratégiques Sectoriels qui définissent les enjeux et programmes de normalisation dans les secteurs importants tels que l’énergie, l’eau et l’environnement, les services de santé, l’industrie, l’agriculture, l’infrastructure, le transport, l’urbanisme, les technologies de l’information et de la communication, le tourisme, le transport etc., Ces comités regrouperont les experts représentatifs des entreprises privées et publiques .
  3. Le redéploiement d’un réseau d’experts nationaux en normalisation et évaluation de la conformité, la matière grise qui animera les Comités Techniques de Normalisation au niveau de l’Institut de la Normalisation et de la Propriété Industrielle. Ceci par un large programme qui vise les entreprises et les ministères techniques et par la formation universitaire. Les exemples de tels programmes abondent, en particulier dans les pays asiatiques. Le cas de la République de la Corée qui a financé la plate forme TUNEPS d’achats publics est le plus connu.
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